L’intestin, notre « deuxième cerveau »: émotions, stress et système immunitaire


Santé / mercredi, mars 14th, 2018

Parmi nos organes digestifs, l’intestin reste le plus complexe. Il n’est pas qu’un simple organe chargé uniquement de la digestion, bien au contraire, il est aussi étroitement relié à notre cerveau. Le système nerveux de notre appareil digestif possède une activité cérébrale et une intelligence qui lui sont propres. D’où son surnom de second cerveau.

Des études scientifiques ont montré que l’intestin et sa flore microbienne sont l’un des maillons phare de notre santé, et qu’il communique en permanence avec notre cerveau : l’intestin joue un rôle déterminant dans l’apparition de nombreuses pathologies à priori très éloignées des problèmes intestinaux.

Comme le cerveau, l’intestin comporte aussi des neurones, au nombre de 200 millions, et on y retrouve l’essentiel des neurotransmetteurs du cerveau (sérotonine, acétylcholine, noradrénaline,…). Il est prouvé que 90% de la sérotonine, hormone du bonheur ou du bien-être, est produite et stockée dans la paroi intestinale. On comprend ainsi toute son importance.

L’intestin et le cerveau sont donc étroitement connectés et liés. Le système nerveux central est en intéraction permanente avec le tube digestif. Cette connexion se fait dans les deux sens, il y a un échange continuel entre le centre de commande au niveau du cerveau et la périphérie avec le système digestif.

intestin

Intestin: la relation entre corps et esprit

Le corps dirige l’esprit tout autant que l’esprit dirige le corps. Ces derniers communiquent et une grande partie de ce dialogue est transmise par nos émotions.

« Lorsqu’il est stressé, le cerveau a une forte influence sur l’appareil gastro-intestinal, y compris sur la composition du microbiote intestinal » explique Emeran A. Meyer , médecin, directeur du Centre de neurobiologie du stress à UCLA, à Los Angeles.

C’est la raison pour laquelle si notre psychisme est atteint, malmené par un choc ou un stress, l’intestin prendra naturellement le relais. Les pensées, les émotions, les sentiments et les soucis sont autant d’événements émotionnels qui sont reliés à la fois au cerveau et au ventre. Nos intestins se contractent lorsque nous sommes effrayés ou lorsque nous ressentons d’autres types d’émotions. On ressent généralement des tensions dans le ventre et des crispations, c’est ainsi que notre ventre se retrouve comme « nouée ». Or, pour fonctionner correctement, ce dernier a besoin d’une certaine mobilité et d’une certaine souplesse. Lorsque nous nous relaxons, nous relâchons nos intestins et le travail digestif peut commencer.

La peur, l’anxiété, les angoisses se traduisent par des douleurs parfois très intenses, des sensations de torsion et des répercussions diverses sur le transit intestinal que l’on attribue souvent au stress ou à une anxiété chronique (les fameux troubles psychosomatiques). Le stress intense peut aussi provoquer des ulcères à l’estomac. D’autres émotions s’expriment également par le ventre: le dégoût peut donner envie de vomir, la tristesse et la mélancolie peuvent engendrer de la constipation et beaucoup d’émotions fortes coupent l’appétit. Quand on a mal au ventre, c’est une manière de dire que quelque chose ne va pas… Le corps se manifeste et nous envoie un signal d’alarme.

C’est le ventre qui nous permet de nous nourrir des éléments que la vie nous propose, nous assimilons des nutriments à la fois matériels et physiques mais aussi psychiques!

T.R.I.P.E.S = E.S.P.R.I.T

Cela fait des siècles que les philosophes s’étonnent de l’anagramme TRIPES = ESPRIT. Bouddha lui-même disait «qu’un sage est quelqu’un dont les intestins fonctionnent bien»!

Dans la mythologie chinoise et indienne, le ventre est considéré comme le siège de l’âme. La Chine Taoïste connaît une technique, le Chi Nei Tsang, qui concentre son travail sur toute la sphère abdominale. Chi Nei Tsang signifie littéralement « travailler l’énergie des organes internes ». Cette discipline propose de résoudre les tensions profondément ancrées et de restaurer la vitalité physique comme psychique, en travaillant sur les structures viscérales et le positionnement des organes internes. Au lieu de compartimenter le corps, elle privilégie une vision holistique en reliant chaque organe à une émotion particulière. La rate serait en lien avec le souci et la rumination, le foie avec la colère et les reins avec la peur.

Qu’elle réponse apporter à tout cela? quelques pistes…

– Reconnaître ce qui se passe dans son corps.
– Rester en relation avec son corps.
– Regarder ses états émotionnels.
– Écouter ce dont son corps a besoin en dehors de ses envies.
– Manger régulièrement des repas équilibrés.
– Respirer.

Pour conclure, « tout ce qui ne s’exprime pas s’imprime au sein même de l’organisme! ». Pour chaque événement mental émotionnel, il y a une corrélation dans le monde des sensations. Toutes les émotions que nous refoulons à l’intérieur de nous-même parce que nous ne pouvons pas ou que nous ne voulons pas exprimer, peuvent se cristalliser et s’ancrer dans différentes parties de notre corps dont principalement l’intestin. Au lieu d’essayer de contrôler son ventre, il vaudrait mieux apprendre à l’écouter…

Prenez soin de vous!

A très vite…

Olivia

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